Un jour, Yann Galut est rentré de l'école et a trouvé sa mère en pleurs, sur le canapé. Il a eu peur, a pensé à son grand-père. On était le 11 septembre 1973. Sa mère lui a expliqué: «Ils ont assassiné Allende». Yann Galut avait 7 ans. Quarante ans plus tard, c'est là qu'il fait remonter son envie de faire de la politique. Dès la présidentielle de 1974, il récupère affiches et autocollants de François Mitterrand. En 1981, il fait la campagne du socialiste. Sa chambre est alors tapissée de photographies d'hommes politiques en meeting ou en déplacement découpés dans le Nouvel Obs de ses parents, tous deux profs de lettres et de gauche. Enfant, il se voyait en «chevalier blanc qui allait sauver le monde, arrêter la faim en Afrique, etc.». Quatre décennies plus tard, il est plus modeste. Mais tout aussi impliqué.
«Faire des propositions choc»
Arrivé au Palais-Bourbon en juin, Yann Galut a vite empoigné la question de l'évasion fiscale. C'était avant l'affaire Cahuzac. La semaine dernière, le député PS du Cher a été nommé rapporteur sur le projet de loi relatif à la lutte contre la fraude fiscale et la grande délinquance économique et financière, concocté par l'exécutif après la révélation du scandale (et présenté au Conseil des ministres le 24 avril). Entre temps, il a bossé mais il a surtout su faire parler de lui. Quand




