Cela dure depuis plus de deux siècles, très exactement depuis deux cent vingt-quatre ans : à partir de 1789, en chaque grande occasion la France se scinde en deux camps, deux blocs, deux France. Il y a eu les jacobins et les royalistes, les bleus et les blancs, les bonapartistes et les monarchistes, les communards et les versaillais, puis les républicains modérés et les républicains radicaux ou socialistes et toujours la gauche et la droite, bloc national ou Cartel des gauches, Front populaire contre droite et ligues, gaullistes contre vichystes, communistes contre anticommunistes, gaullistes contre cette fois la gauche.
Politiquement, culturellement la France est binaire, comme l’ouverture du mariage et de l’adoption aux homosexuels vient de le rappeler.
On assurera qu’il y a des phases d’union nationale mais en fait, en dehors de 14-18, on les cherche en vain.
On objectera, là on aura raison, qu’au sein de chaque camp il existe plusieurs familles, plusieurs partis, plusieurs sensibilités. Cela va de soi. Il y avait autant de différence entre un légitimiste et un orléaniste qu’entre Herriot et Thorez ou qu’entre Rocard et Marchais. Il y a autant de distance entre Mélenchon et Ayrault qu’entre Raffarin et Marine Le Pen. On peut même plaider qu’aujourd’hui la frontière entre Européens et souverainistes devient un rubicon aussi difficile à franchir que le traditionnel clivage gauche-droite qu’elle trouble et parfois démode. Reste l’essentiel : ce qui cimente les deux blocs est pl




