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Obéir à l’ordre de mourir

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Publié le 31/05/2013 à 19h06

Le film Hannah Arendt de Margarethe von Trotta et celui de Claude Lanzmann le Dernier des injustes abordent la même intrigue : la participation des Juifs européens au processus de leur propre destruction. Or, dans les débats que ces films ont suscités, l'accent est mis sur les judenrät - les conseils juifs désignés par les nazis. Comme si la question de la résistance ou de la soumission des victimes devait être analysée à partir de ce seul angle.

C'est Hannah Arendt qui pose la première les choses en ces termes dans son livre Eichmann à Jérusalem. En accusant les judenrät de «collaboration» avec les nazis, elle ne soulève pas la problématique du comportement des victimes dans leur ensemble. C'est pourquoi elle considère certaines d'entre elles, en l'occurrence les membres de ces conseils juifs, comme des bourreaux de leur propre peuple. Dans l'incapacité - ou par refus - d'expliquer cette chose incroyable, énorme, extraordinaire qu'a été la soumission des victimes à leur destruction, elle se croit obligée de voir parmi elles des bourreaux. C'est ainsi qu'elle a conçu l'expression la «banalité du mal» pour justifier la conduite des meurtriers.

Une expression qui aurait été moins sadique ou méchante que le mot «ob

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