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Libération

L’année de tous les dangers

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Publié le 05/06/2013 à 19h06

Dans moins de dix mois, les élections municipales auront eu lieu. Dans moins d’un an, les Français auront voté (trop peu) aux élections européennes. Un nouveau rapport des forces politiques aura été fixé par les citoyens. La deuxième phase du mandat de François Hollande commencera. D’ici là, le président de la République aura dû faire face à l’année de tous les dangers, à l’année de loin la plus difficile du quinquennat. Tout conspire pour faire de ces douze mois une épreuve constante : un pouvoir impopulaire, des réformes sociales sacrificielles, une base parlementaire de plus en plus étriquée, une croissance introuvable.

Jamais depuis le début de la Ve République une équipe politique, victorieuse il y a seulement un an à l'élection présidentielle et aux élections législatives, n'a abordé sa deuxième année en ployant sous le fardeau d'une impopularité aussi pesante. Les tout derniers sondages enregistrent une légère rémission. Globalement, le verdict demeure exceptionnellement cruel. S'il n'y a pas de rejet personnel de François Hollande et de Jean-Marc Ayrault, sinon chez les fanatiques du «printemps français», le verdict politique est terrible. Il fait penser à l'état de la gauche en 1993, au crépuscule du moment Mitterrand, avec un président au plus mal et un gouvernement accablé de critiques. L'exécutif paie cher le réenchantement du rêve français durant la campagne présidentielle et la sous-estimation initiale de la crise, comme si, à chaque fois depuis 1981,

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