Ambiance étrange. Devant une commission d'enquête parlementaire sur le rôle des banques dans l'évasion fiscale, un homme poursuivi pour «proxénétisme en bande organisée» donnait hier un cours d'économie financière à des sénateurs. Convoqué selon le «souhait unanime de la commission», dixit son rapporteur, le communiste Eric Bocquet, Dominique Strauss-Kahn n'avait pas grand-chose à dire sur les paradis fiscaux. Mais a il a pu parler subprimes, crise chypriote et «modèle gaussien» pendant une heure et demie, sans qu'aucun parlementaire ne fasse allusion à sa situation judiciaire. Il fallait regarder dans les tribunes de presse, où se massaient photographes et journalistes politiques, pour réaliser l'incongruité de cette audition.
Blâmes. Tant d'attention ne semble pas gêner DSK. Très à l'aise, comme s'il faisait toujours partie de la vie politique, l'ancien ministre de Lionel Jospin se permet des notations ironiques, raconte des anecdotes de son passé professionnel et n'hésite pas à adresser des blâmes au gouvernement, à l'Allemagne ou aux Etats-Unis, ainsi qu'aux autorités de régulation. A la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann (PS), qui lui dit n'être pas d'accord avec sa conception de l'économie, il répond : «Je ne sais pas si on va revenir sur un débat que nous avons depuis trente ans…»
Sur le fond, le discours de l'ex-directeur du FMI semble encore plus libéral que du temps où il exerçait des fonctions p




