Menu
Libération
Analyse

L’Europe laisse Marine Le Pen sans protection, pas sans voix

Réservé aux abonnés

Propagande. L’eurodéputée d’extrême droite a profité de la levée de son immunité, hier, pour entonner le vieux refrain sur la vérité bâillonnée.

Marine Le Pen, lors d'une conférence de presse au Parlement européen, le 21 novembre 2012. (Photo Vincent Kessler. Reuters)
Publié le 02/07/2013 à 21h56, mis à jour le 03/07/2013 à 11h25

Pour un parti comme le Front national, les démêlés judiciaires sont autant de médailles. Hier, Marine Le Pen a gagné la sienne. Certes, elle a fait mine de détester ses collègues eurodéputés, elle a raillé «l'oligarchie». Mais, en levant son immunité parlementaire (à main levée) et en permettant à la justice de l'entendre et peut-être de la renvoyer devant un tribunal pour «provocation à la discrimination, à la violence et à la haine envers un groupe de personnes en raison de leur religion», le Parlement européen a offert à la patronne du FN une tribune comme elle les aime. Et elle en a profité. Non pas en séance, mais plus tard devant les micros, n'hésitant pas à parler d'elle à la troisième personne, d'une façon grandiloquente et plutôt inhabituelle : «Quand Marine Le Pen dit une vérité, là il est hors de question de la défendre.»

Rênes. Une vérité ? Elle avait dit, à propos des prières de rue : «Je suis désolée, mais pour ceux qui aiment parler de la Seconde Guerre mondiale, s'il s'agit de parler d'occupation, on pourrait en parler pour le coup. C'est une occupation de pans de territoire. Certes, il n'y a pas de blindés, il n'y a pas de soldats, mais elle pèse sur les habitants.» C'était en décembre 2010, à Lyon, sur les terres de Bruno Gollnisch, lors d'un meeting devant des militants FN alors qu'elle n'avait pas encore les rênes du parti. «C'était un marqueur d'une légitimité

Dans la même rubrique