En débarquant Delphine Batho, François Hollande et Jean-Marc Ayrault font montre d'une vétilleuse célérité qui leur fit défaut quand, il y a peu, des poids lourds du gouvernement jouaient leur partition avec une arrogance et une violence verbale décomplexée. La désormais ex-ministre paye donc pour tout le monde et, sur le fond, pour avoir simplement dit la vérité. Considérant l'importance des questions écologiques, le budget de son ministère est bel et bien «mauvais». Quant à la «déception à l'égard du gouvernement» et le «doute sur la volonté de changement», qui ne les a éprouvés ? Ce limogeage ne suscitera pas, par magie, l'autorité qui depuis le début du quinquennat manque cruellement à l'exécutif. En s'appliquant trop tard, trop fort et de manière mal ciblée - la foudre tombant comme par hasard sur une femme -, cette sanction révèle plus qu'elle ne résout les dissensions, majeures qui travaillent l'équipe gouvernementale. A commencer par l'écologie, ce synonyme parfait d'une autre manière d'envisager l'économie, alors que celle-ci reste au point mort et que les choix se résument à l'alternative entre la rigueur et l'austérité. La gauche semble, comme la droite, incapable de négocier ce virage vers d'autres modes de développement, si ce n'est dans des discours incantatoires. Après Nicole Bricq remerciée en quelques semaines, Delphine Batho, après quelques mois et sans vrai bilan, fait place à Philippe Martin qui gérera ces contradictions sur le
EDITORIAL
Trop tard, trop fort
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Publié le 02/07/2013 à 22h56
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