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Libération

La crise de la société politique

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(Dessin Alain Brillon)
Publié le 03/07/2013 à 19h06

Dans sa chronique de lundi (1) Daniel Schneidermann s'interroge longuement sur les motifs pour lesquels j'aurais, selon lui, répudié la politique (2). Daniel Schneidermann se trompe : je ne répudie en rien la politique qui n'est d'ailleurs pas répudiable puisqu'elle détient le monopole de l'organisation de la société. A mon âge canonique, ma passion pour les affaires publiques est intacte, sinon virginale. En revanche, mon inquiétude pour la dégradation de la politique ne cesse de croître. Ce n'est pas la mélancolie des décennies qui passent, c'est l'observation d'un phénomène alarmant et même angoissant car il met à la longue en cause la démocratie, le développement d'une crise de la société politique. Pas d'une crise de régime, comme la France en a connu tant depuis la Révolution, jusqu'à additionner une quinzaine de Constitutions, record d'Europe. Pas d'une classique crise politique, moment de crispation, de querelle, d'affrontement comme en connaissent toutes les nations, comme le fut par exemple la noire surprise d'avril 2002, avec la qualification de Jean-Marie Le Pen pour le second tour de l'élection présidentielle. Non : il y a une crise de la société politique parce que toute une série de dérèglements graves et convergents se produit et ne cesse de s'accentuer. Là est ma divergence de fond avec Daniel Schneidermann qui ne voit rien que de

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