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Libération
Reportage

A Forbach, le parachutage du FN dans le sens du vent

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Lors de ses courtes visites en Moselle, Florian Philippot, numéro 2 frontiste, est bien accueilli par une partie des habitants de cette région sinistrée.

Florian Philippot, à Forbach, dimanche. Au second plan, Kévin Pfeffer, ex-ségoléniste, chauffeur et relais local du candidat frontiste. (Photo Pascal Bastien)
ParCharlotte Rotman
Envoyée spéciale à Forbach (Moselle)
Publié le 09/07/2013 à 20h46

Il s'offre une scène. Il a déjà un public. C'est Forbach, en Moselle, mais il aurait pu atterrir ailleurs. Florian Philippot, numéro 2 du Front national, y est candidat à la mairie. Il n'y a pas d'attaches particulières. Là-bas, depuis sa campagne législative dans la sixième circonscription, on l'appelle «le parachuté». «Au siège du FN, ils ont regardé une carte de France, fait des pourcentages, et ils l'ont envoyé ici pour faire fructifier leur score», pense Laurent Kalinowski, l'actuel maire PS de Forbach (près de 22 000 habitants), qui a emporté le siège de député devant Philippot en 2012. «Il vient se nourrir sur le dos d'une région, à des fins personnelles.»

«Tous les résistants ont été parachutés», répond l'intéressé, avec l'art de la pirouette. Dans le train qui le mène à Forbach depuis Paris, dimanche matin, Florian Philippot balaye les critiques, l'air confiant : «Les gens sont plus malins que ça. Ils ne veulent pas quelqu'un né à Forbach, mais quelqu'un de compétent. Je ne me suis pas inventé une tante mosellane. Je mise sur leur intelligence», plaide-t-il. Cela ne l'empêche pas de s'énerver contre le photographe de Libé qui l'attend sur le quai de la gare, comme s'il s'agissait d'un piège : «Ça va, le type qui arrive du train, je vois l'idée, je ne suis pas né de la dernière pluie.» Il débarque en chemise et jean, sans sacoche, ni veste. Celui qu'on nomme «le candidat vingt-quatre heures chrono»,

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