Aquoi ça sert un président de la République en temps de crise ? «A se montrer et à parler», répond sans hésiter un conseiller de l'Elysée. François Hollande se montre et parle. Beaucoup. Personne ne peut lui faire un procès en déficit de présence. Depuis quelques semaines, il se démultiplie sur tellement de terrains à la fois qu'on pourrait même lui faire la critique inverse. Hier, il s'est donc «ravisé», pour finalement honorer le traditionnel rendez-vous télévisuel du 14 Juillet. Pour dire quoi de plus qu'il n'a pas encore dit ? Pas grand-chose. Il a fallu attendre la fin de l'interview pour aborder une question qui aurait mérité à elle seule une émission entière : «le pessimisme Français». «Nous sommes le pays le plus pessimiste d'Europe et même du monde», a rappelé le chef de l'Etat. Comment le comprendre ? «Il y a une explication, a répondu Hollande. La France n'est pas n'importe quel pays. La France est un grand pays […]. Donc quand il y a une crise, on souffre, car on ne peut pas accepter le déclin, le déclassement.» C'est devenu une marque (une faille ?) présidentielle : François Hollande répond à cette crise de confiance sur le seul et unique terrain de l'économie. D'ailleurs, c'est encore en parlant économie que le chef de l'Etat a mis en garde contre le recours au vote frontiste, qui donnerait le sentiment «d'enfermer la France» et de laisser penser qu'on «ferait du protectionnisme».
Analyse
Un président moins politique qu’économique
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Délaissant les thématiques républicaines, François Hollande est resté hier sur le terrain de l’économie. A l’inverse du discours de Manuel Valls samedi.
Publié le 14/07/2013 à 21h56
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