Plus d’un an que les clans se forment. Que les lames s’aiguisent et que la joute idéologique fait rage sur le traitement de la délinquance. A peine avait-elle franchi la porte de la chancellerie, l’été 2012, que Christiane Taubira était taxée de laxisme. Par la droite, c’est de bonne guerre, mais aussi par certains de ses camarades socialistes. Manuel Valls, lui, mettait Beauvau à sa main en flattant les puissants syndicats de police, précieux rouages pour l’instauration de sa ligne sécuritaire. Le clash, inévitable, était annoncé pour la réforme pénale. On y est. Jusqu’ici, le pensionnaire de Beauvau marchait sur l’eau. Enterrement du récépissé pour lutter contre les contrôles au faciès et popularité au zénith : on ne donnait pas cher de la peau de la garde des Sceaux. Et si l’heure était au rééquilibrage ?
Sentant que l’électorat attend un geste fort de la gauche sur le plan judiciaire, plusieurs parlementaires, chercheurs et magistrats ont en effet cosigné une note de la Fondation Jean-Jaurès (proche du PS), faisant bloc derrière la garde des Sceaux. Sans surprise, on y retrouve les présidents des commissions des lois de l’Assemblée et du Sénat, Jean-Jacques Urvoas et Jean-Pierre Sueur, le député de Loire-Atlantique Dominique Raimbourg, le magistrat Antoine Garapon ou encore l’avocat Jean-Pierre Mignard, un intime du président de la République. Plus surprenante est la présence du sénateur maire de Dijon, François Rebsamen, qui visiblement n’a toujours pas digéré son évicti




