William Dab est médecin, spécialiste de santé publique. Ancien directeur général de la Santé (2003-2005), il est professeur au Conservatoire national des arts et métiers (hygiène et sécurité).
D’où vient le chiffre de 42 000 morts prématurées (1) attribuées au diesel ?
Deux éléments doivent être gardés en tête pour comprendre comment on fabrique une telle estimation. D’abord, les maladies associées à une exposition aux polluants émis par le diesel, notamment les particules fines, résultent d’une combinaison de plusieurs causes, au premier rang desquelles le tabagisme. Le diesel ne peut donc pas être présenté comme une cause unique. Quand un médecin remplit le certificat de décès, qui mentionne obligatoirement sa cause médicale, il ne va pas inscrire «cancer du poumon dû aux particules diesel» ou «insuffisance cardiaque due à une exposition prolongée aux fumées de diesel». Il ne peut le faire car il n’existe aucun moyen médical de distinguer au niveau individuel un cancer du poumon provoqué par le tabac d’un cancer du poumon induit par des particules diesel (voire d’une combinaison des deux). Autrement dit, la mortalité due au diesel n’est pas comptée au cas par cas. C’est le produit d’un calcul statistique qui découle de l’observation épidémiologique des maladies dans les populations. Cette analyse montre que lorsque la pollution augmente, la mortalité respiratoire et cardiaque augmente parallèlement, avec quelques jours de décalage. C’est l’impact à court terme. Par ailleurs, une exposition prolongée est aussi associée à des risques plus élevés de ce




