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Fillon vu en «VRP» par le Front national

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A Marseille, où se tenait ce week-end son université d’été, les dirigeants frontistes pavoisaient.

ParCharlotte Rotman
Envoyée spéciale à Marseille
Publié le 15/09/2013 à 21h36

Elle est assise dans un fauteuil club en cuir, une flûte de champagne à portée de main, et des petits fours qu’elle ne touchera pas. C’est confortable. Les journalistes sont agglutinés autour d’elle. Il est 13 heures, samedi, Marine Le Pen très détendue répond à la presse, dans le cadre de l’université d’été du FN qui s’est tenue à Marseille ce week-end.

Elle est tout sourire, mais pourquoi ne le serait-elle pas ? L'UMP et le PS «ne parlent que du FN», se réjouit-elle. «Nous sommes au centre de leur attention […]. Cela ne m'étonne pas, ils n'ont pas de réponse de fond aux préoccupations des Français, le chômage, l'insécurité, l'immigration. Là-dessus ils ne font pas de tables rondes ! Pas de colloques !»

La dernière sortie de François Fillon - qui rejette désormais le «ni-ni» comme le front républicain - vient conforter sa position. Mais Marine Le Pen fait mine de ne pas lui accorder d'importance : «Fillon veut tuer le cadavre du front républicain, mais il est déjà mort, les électeurs l'ont tué avant lui. Il essaye juste de combler le gouffre entre la base de l'UMP et ses dirigeants, glisse-t-elle. Il y a une hémorragie des électeurs de l'UMP, et en même temps les gens comprennent que le FN est un mouvement responsable et sérieux.» Nous y voilà. Car, cette fois, les propos du gaulliste-social Fillon sont du pain bénit pour le parti d'extrême droite, dont l'une des obsessions est de devenir fréquentable, institutionnalisé. «La dédiabolisa

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