Donc, depuis le dimanche 15 septembre, François Hollande est le «président des entreprises». Et puisque le même François Hollande se définit toujours comme «socialiste», il convient de se demander si le premier est totalement compatible avec le second. Ou dit autrement, une politique de l’offre qui se fixe comme objectif d’améliorer les marges des entreprises peut-elle encore être estampillée socialiste ? Et si oui, à quelles conditions ? Si on se pose la question, c’est qu’en économie, on assimile volontiers l’offre à la droite et la demande à la gauche. Non sans raison.
Une politique de l’offre est historiquement d’inspiration libérale : elle considère que le premier levier d’ajustement face à une crise est celle de la compétitivité des facteurs de production. Elle part du constat que pour rejoindre le plein-emploi, il faut d’abord en passer par l’amélioration de la productivité et de la capacité à innover des entreprises. Elle prône la baisse des impôts sur les entreprises, la déréglementation en général et la libéralisation du marché du travail en particulier. La politique de la demande fait un diagnostic inverse : pour faire redémarrer l’activité, il faut redonner du pouvoir d’achat aux ménages pour relancer la consommation et donc regarnir le carnet de commandes des entreprises.
Pour l’une, le travail est d’abord un coût. Pour l’autre, un revenu. Voilà pourquoi, l’inclinaison naturelle d’un gouvernement de gauche est de relancer la demande. En poursuivant son idéal polit




