L'art de la synthèse, aussi subtil soit-il, ne fonctionne pas (ou très mal) quand il s'agit de s'attaquer aux grands principes. De droit ou de morale républicaine. C'est ce qu'a expérimenté François Hollande dans la foulée de son intervention télévisée de samedi matin. Hier, une fois digérée la passe d'armes, via les chaînes d'info continue, entre le chef de l'Etat et Léonarda, la collégienne de 15 ans d'origine kosovare, ils étaient nombreux dans la majorité à craindre que Hollande ne sorte «très amoché de cette séquence». «C'est peut-être un tournant du quinquennat, pronostique même l'un d'eux. Tout cela va infuser lourdement dans l'opinion.» Le contexte était sensible pour Hollande entre une cote de popularité à son plus bas historique et une critique lancinante sur son déficit d'autorité. Hier soir, un dirigeant du PS résumait le sentiment de résignation quasi général : «Pourquoi une décision plutôt habile s'est-elle finalement révélée aussi calamiteuse pour lui ?»
Entorse. Ce samedi matin, quand il reçoit Jean-Marc Ayrault, Manuel Valls et Vincent Peillon, le chef de l'Etat a le choix entre deux solutions imparfaites. Au nom du droit, il peut confirmer l'expulsion de la famille Dibrani, puisque l'enquête administrative n'a révélé aucune entorse à la législation (lire page 5). Au nom de la sanctuarisation de l'école, pilier de l'intégration républicaine, il peut aussi choisir de faire revenir la fam




