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tribune

Faire front contre le Front

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Publié le 29/10/2013 à 18h16

Sous six mois, le paysage politique français aura été totalement bouleversé. En admettant même qu’une maladresse de trop n’ait pas mis le pays dans la rue en additionnant tous les mécontentements, le Front national aura marqué tant de points aux municipales et, surtout, aux européennes qu’une situation totalement nouvelle se sera créée.

Il n’y aura plus la gauche et la droite et, loin derrière elles, des formations d’importance secondaire. Il y aura une gauche et une droite en plein désarroi et un Front national en pleine ascension, un tripartisme plaçant l’extrême droite sur un pied d’égalité avec les deux grands courants autour desquels l’échiquier politique s’organisait depuis la Libération. Pour les uns, ce sera l’ivresse de la victoire. Pour les autres, un choc qu’ils ont le tort de ne pas anticiper dès maintenant mais ce ne sera qu’un début.

Parce que rien n’est plus porteur que la victoire, on verra tomber alors tout ce qui pouvait rester (peu de choses en fait) de pudeur ou d’inhibition devant une force politique dont les racines plongent directement dans l’extrême droite d’avant-guerre. Dans tous les corps de métier et tous les milieux, des gens se diront qu’il y a des places à prendre et des carrières à faire. Des enseignants et des magistrats, des syndicalistes et des hauts fonctionnaires, des intellectuels et des policiers se rallieront à Marine Le Pen, non pas au point de faire du FN un parti majoritaire mais en assez grand nombre pour faire boule de neige.

On ne v

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