Aquoi mesure-t-on une crise politique ? Notamment à la vitesse à laquelle les scénarios les plus délirants circulent. Comme s’ils voulaient à tout prix se faire peur, plusieurs élus de la majorité adorent raconter que l’Elysée réfléchit en ce moment à une dissolution. Sans aucun fondement, cette rumeur (absurde) est pourtant révélatrice d’un profond malaise : perdu pour perdu, pourquoi ne pas se faire hara-kiri ? Tous ou presque en conviennent : rien ne va plus. Les quinze derniers jours ont été terribles : l’affaire Léonarda, la reculade sur la taxation de l’épargne, les jacqueries en Bretagne, le moratoire sur l’écotaxe… Le tout sur fond de montée du Front national et de record d’impopularité de François Hollande.
Dans un tel contexte, il n'est pas très étonnant qu'un grand concours Lépine se soit ouvert : que doit maintenant faire Hollande ? Chacun a son idée : changer les équipes à l'Elysée, le Premier ministre, le gouvernement ou, au contraire, ne surtout pas bouger… François Hollande reçoit, consulte et entend tout et son contraire. Plusieurs proches, y compris à l'Elysée, plaident pour que le chef de l'Etat n'attende pas le résultat des élections municipales et européennes de l'an prochain pour renverser la table, très vite. Pourtant Hollande devrait, une fois de plus, laisser passer l'orage. Et se donner un peu de temps et d'air. «On est dans un moment vraiment difficile où tout se cristallise, il faut avoir des nerfs», confie un ministre hollandais du premie




