De quoi la floraison actuelle de bonnets est-elle le nom ? Pour Gaël Brustier, politologue et chercheur associé au Cevipol à Bruxelles, membre du PS, elle révèle surtout la défaite idéologique d’une gauche incapable de trouver sa voie.
Y a-t-il un point commun aux différents mouvements en cours ?
Il y a, d’une part, des contestations de tous ordres ; et d’autre part la capacité croissante des droites à stimuler et encadrer ces contestations. L’imaginaire collectif, les représentations sociales ont basculé à droite. Dès qu’une colère sociale émerge, cette mouvance droitière est en mesure de lui donner un sens et d’en tirer profit. En clair, la droite est désormais en situation de domination culturelle. Ses capacités d’encadrement se sont considérablement développées l’année passée avec la «Manif pour tous».
Le mouvement des bonnets rouges est-il un symptôme de droitisation ?
La question est complexe. Au départ, il y a des faits, tels que la crise de l’agro-alimentaire. Puis ce mouvement paradoxal qui se dit breton, européen, antijacobin, mais qui réclame des subventions de l’Etat… Le mouvement semble spontané, mais le spontanéisme n’est jamais à rebours de l’idéologie dominante. Les ingrédients de cette mobilisation, qui mêle le patronat et des éléments de gauche, sont ceux de la droitisation.
Comment en est-on arrivé là ?
Le moteur de la droitisation, ce sont les paniques morales, c’est-à-dire des réactions disproportionnées de la part d’une partie de la population, qui se pense menacée dans ses valeurs. On a vu ce processus à l’œuvre dans la mobilisation contre le mariage homosexuel. Les droites mettent en avant des thématiques identi




