Un président hué sur les Champs-Elysées en pleine commémoration du 11 novembre 1918 ; un chef de l’Etat battant impitoyablement, baromètre après baromètre, tous les records d’impopularité ; un Premier ministre harcelé par l’opposition et contesté par une fraction de ses propres troupes ; un gouvernement dévalorisé et fissuré ; une jacquerie grondant contre une fiscalité épuisante ; des enseignants en colère, des artisans furieux, des Bretons menaçants ; un taux de chômage cruellement persistant, une croissance atone, des plans sociaux tombant comme grêle ; une extrême droite aux aguets, de plus en plus puissante, de plus en plus arrogante : François Hollande apparaît sur le fil du rasoir.
Les uns s’en réjouissent, les autres le déplorent, tous le constatent. Le fait est là : après dix-huit mois à l’Elysée, François Hollande se trouve en très grande difficulté. Beaucoup l’enterrent déjà.
Sur les trottoirs des Champs-Elysées, des groupes d'extrême droite crient à tue-tête «démission, démission», comme les antidreyfusards conspuant le président Emile Loubet. Jean-Louis Borloo et Marine Le Pen pronostiquent et appellent de leurs vœux une prompte dissolution de l'Assemblée nationale. Le Front de gauche exige un changement radical de cap. L'UMP tempête et réclame une autre politique, en direction opposée. Les partisans d'un remaniement ministériel, symbolisé par un nouveau Premier ministre, sont de plus en plus nombreux chez les socialistes, voire au sein du gouvernement. S




