Il n'y a pas une feuille de papier à cigarette entre eux. Ce mardi soir, à un colloque organisé à l'Assemblée nationale par la Gauche forte sur le Front national, Manuel Valls et Christiane Taubira font bloc. Œillades, accolades, «Manuel» par-ci, «Christiane» par-là. Le ministre de l'Intérieur arrivé en retard s'assied même spontanément à côté de la garde des Sceaux alors que sa place réservée à la tribune est un peu plus loin. Quant à Taubira, si elle ne résiste pas à une citation de René Char, l'un des poètes qu'elle affectionne, elle évoque également Clémenceau, une référence de Valls. Tout cela n'a rien d'anecdotique. Mardi soir, les deux ministres étaient à des années-lumière des conflits qu'ils ont pu avoir notamment sur la réforme pénale et que les médias ont aimé mettre en scène. Tout simplement unis, face à un ennemi commun. Enfin.
«Quand les deux ministres nous ont donné leur accord pour participer à cette conférence, c'était en juillet dernier. On n'avait pas imaginé qu'on serait rattrapé par l'actualité», retrace le député PS Yann Galut, animateur de la Gauche forte. De fait, la rencontre a lieu le lendemain des commémorations du 11 Novembre, gâchées par des sifflets et des huées de l'extrême droite, et le jour même de la




