Au cœur d'un automne fiévreux, des amis de Jean-François Copé, les éditorialistes du Figaro et les chantres de la droite radicale, ont cru voir monter des campagnes l'insurrection qui allait mettre à mal le pouvoir socialiste. Le rêve de Grand Soir a grandi dans certains esprits exaltés. Il n'y a pourtant rien de révolutionnaire dans les jacqueries des dernières semaines, dans ces mouvements qui échappent aux partis politiques et aux syndicats. Derrière les contestations diverses et confuses venues de la France rurale ou périurbaine se noue autre chose qu'une simple fronde des campagnes. Les reportages que publie Libération attestent d'une ruralité où les catégories sociales hier opposées se retrouvent aujourd'hui devant des fragilités économiques semblables. Les ouvriers, les artisans mais aussi les jeunes partagent les mêmes inquiétudes, le même désarroi. Ils témoignent également de l'existence de fractures territoriales devant lesquelles le pouvoir central aussi bien que les organes traditionnels de la décentralisation semblent désormais impuissants. Une impuissance qui nourrit fatalement le rejet des partis traditionnels et sur laquelle prospère le FN. La géopolitique locale qui se dessine sous nos yeux impose de prendre en compte cette nouvelle carte sociale de la France. Les mobilisations solidaires qui s'organisent à travers des associations montrent que le terreau rural dispose de ressources qui n'attendent que d'être exploitées. Dans ces conditions
EDITORIAL
Fragilités
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ParEric Decouty
Publié le 27/11/2013 à 21h28
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