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Libération

Les boutefeux

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Publié le 27/11/2013 à 17h36

En Allemagne, on se rassemble. En France, on se déchire. A Berlin, la chancelière démocrate-chrétienne, Angela Merkel, a signé hier un accord avec les sociaux-démocrates du SPD pour former un gouvernement de «grande coalition». A Paris, François Hollande et le gouvernement font face à des attaques de plus en plus violentes venues de toutes les directions à la fois. D’un côté du Rhin, on cherche une solution pragmatique à une situation politique délicate, de l’autre côté du Rhin, on exacerbe délibérément les passions comme pour encercler le pouvoir. Là-bas, on construit. Ici, on détruit. Au Bundestag, la démocratie parlementaire déploie lentement ses rites surannés ; dans l’Hexagone, on tire à vue sur la démocratie présidentielle.

François Hollande et le gouvernement de Jean-Marc Ayrault portent certes une part de responsabilité : trop de dysfonctionnements, trop de contradictions, trop de dissensions, trop d’amateurisme. Le pouvoir socialiste n’en finit pas de s’exposer aux flèches et d’aller au combat sans armure. Il n’a pas son pareil pour se rendre vulnérable.

En face ou plutôt tout autour, c’est cependant le déchaînement, sur un ton et à un rythme qui vise de plus en plus clairement à mettre en cause la légitimité de François Hollande.

Marine Le Pen exige trois fois par semaine la dissolution de l’Assemblés nationale, comme si nous nous trouvions en mai 1968 ou en novembre 1995, comme si la France était bloquée, le gouvernement paralysé, le Président empêché. Il y a là une

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