C’est la règle immuable : à peine un Premier ministre nommé par le président de la République, chacun s’efforce de déterminer quels types de couple vont former les deux hommes (Edith Cresson ayant été, moins d’un an, la seule femme chef du gouvernement de notre histoire). S’il s’agit d’une cohabitation, la réponse est aisée, le tandem sera nécessairement antagonique, ouvertement (Mitterrand-Chirac, Chirac-Jospin) ou subtilement (Mitterrand-Balladur). Si le Président et le Premier ministre sont issus de la même majorité mais viennent de deux partis différents, leur collaboration peut être tendue (Giscard d’Estaing-Chirac) ou apaisée (Chirac-Raffarin). Dans tous les autres cas, le président choisit un Premier ministre appartenant à son parti, à la seule exception de Valéry Giscard d’Estaing adoubant Raymond Barre, sans étiquette partisane.
La norme est donc que président et Premier ministre relèvent à l’origine de la même formation politique, comme cela s’est produit trois fois sur quatre depuis 1958. C’est là que les difficultés commencent, car le choix par le chef de l’Etat d’un chef de gouvernement venu de la même famille politique que lui ne garantit en rien que le couple sera harmonieux. Il peut même se traduire par de fortes rectifications de la géographie du pouvoir.
Ainsi le général de Gaulle accordait-il une large autonomie à ses Premiers ministres Michel Debré puis Georges Pompidou que ce dernier, devenu président, refusa net à Jacques Chaban-Delmas. Ainsi Valéry Gisca




