Jean-Marc Ayrault a-t-il déjà échoué dans son OPA contre Bercy ? Un mois, après avoir lancé son attaque contre cette citadelle que l'on dit imprenable, ce qui devait s'apparenter à un Blitzkrieg a d'ores et déjà des allures d'enlisement. Pourtant, comme dans les vrais raids financiers, tout est allé très vite. En deux jours exactement. Le mardi 19 novembre, dans un entretien aux Echos, le Premier ministre prend tout le monde par surprise en annonçant «une remise à plat de la fiscalité». Et le lendemain, le journal le Monde titre à sa une «Jean-Marc Ayrault reprend en main le ministère des Finances» et annonce un double changement à la tête de Bercy : d'une part le remplacement de Ramon Fernandez, actuel directeur du Trésor (lire ci-contre), par François Villeroy de Galhau, ancien directeur de cabinet de DSK aujourd'hui chez BNP Paribas ; d'autre part, l'arrivée de Denis Morin, le directeur de cabinet de Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales, à la direction du budget. L'entourage de Jean-Marc Ayrault suggère même un lien de causalité entre les deux annonces : ce changement d'hommes a pour objectif de mettre en musique la future réforme fiscale.
«Boomerang dans la gueule»
Mais un mois plus tard, Ramon Fernandez, qui avait été nommé par Nicolas Sarkozy début 2009, est toujours là. Et même en première ligne. Hier matin, au 7e étage de Bercy, devant la fine fleur de la presse économique, il tenait une conférence de presse sur l'état d'avance




