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Libération
EDITORIAL

Impunité

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Publié le 17/12/2013 à 21h36

Il ne s’agit pour l’instant que de la dérive de deux hommes, des hauts fonctionnaires, vieux serviteurs de l’Etat soupçonnés d’avoir puisé dans ses caisses. Des centaines de milliers d’euros dont on ne connaît pas clairement les bénéficiaires. Ce ne sont, à ce jour, que deux anciens patrons de la police nationale placés en garde à vue comme des délinquants ordinaires. Si rien ne permet de suspecter leur patron de l’époque d’avoir directement trempé dans leur combine, la mise en cause judiciaire de Claude Guéant et de Michel Gaudin constitue pourtant un nouveau boulet pour Nicolas Sarkozy. Collaborateurs privilégiés, hommes de confiance de l’ex-chef de l’Etat, ils ont pendant plus de dix ans incarné une sarkozie en quête de moralité avant d’en être les symboles de son dévoiement.

Nicolas Sarkozy, qui depuis des mois a pris ses distances avec Claude Guéant, prétendant tout ignorer des activités de celui qui a toujours gouverné à ses côtés, tentera à coup sûr de renforcer le cordon sanitaire autour de son ancienne éminence. Il plaidera sans doute la plus plate ignorance des faits commis au sein même de son ministère et n’aura probablement pas à répondre devant la justice de ces malversations présumées. Cet énième scandale n’entravera pas son désir de retour, son envie de revanche politique. Mais, devant l’opinion, il ne pourra pas balayer d’un revers de main la litanie des soupçons qui pèsent sur ses proches. Car, à travers Guéant et Gaudin, comme à travers les nombreuses autres

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