C'est le problème avec les bons élèves. On a toujours la tentation de les ranger dans deux catégories : les énervants et les lisses. Michel Sapin n'est ni l'un ni l'autre. Bon élève oui, polar un peu. Content de lui, sûrement. Et très copain avec le maître d'école (en l'occurrence François Hollande), évidemment. Forcément ça éveille quelques jalousies de cour de récréation. Mais force est de reconnaître que le bulletin du ministre du Travail est beau comme celui d'Agnan du Petit Nicolas. Une sorte de sans-faute, assez paradoxal dans un pays à plus de 3 millions de chômeurs. Il y a quelques mois déjà, il avait écrit à Hollande sur un petit bout de papier que la courbe du chômage s'inverserait bien au mois d'octobre 2013. Bingo. C'est bien en octobre que le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A a réellement baissé. Puis, il est allé décrocher à Bruxelles un accord introuvable sur les travailleurs détachés. Et enfin, il a manœuvré pour faire aboutir un compromis sur la formation professionnelle. «Pour lui, le dialogue social n'est pas juste une opportunité, c'est une véritable conviction», assure Laurent Berger (CFDT).
Si on ajoute à cela que l'intéressé n'a pas été pris en flagrant délit de gros couac gouvernemental, on comprend pourquoi il figure en bonne place du tableau d'honneur. Evidemment on lui prête l'envie de viser plus loin. Tournez votre regard vers Matignon. Lui, laisse dire, pas mécontent de devenir un prétendant crédible à la succession de




