Que restera-t-il du nom de Léonarda Dibrani quand sonnera l'heure du bilan du quinquennat en 2017 ? Se souviendra-t-on encore de la collégienne kosovare comme d'un tournant de la présidence de François Hollande ou d'un simple raté de communication ? Pour la seule année 2013, en tout cas, elle aura été un révélateur, au sens photographique. D'abord celui d'une démocratie médiatique qui avance au pas cadencé du breaking news des chaînes d'info en continu. Le direct a le mérite de raccourcir les distances géographiques et surtout hiérarchiques. Tout devient horizontal et à portée de main. Depuis le Kosovo, une fille de 15 ans sans papiers a pu renvoyer dans ses cordes le chef de l'Etat, en refusant sa proposition incongrue d'un retour en France, mais sans sa famille, pour poursuivre ses études. D'un seul coup, elle est apparue comme l'interlocutrice légitime d'un président. On peut s'en offusquer. Ou au contraire s'en réjouir, puisque désormais le bras d'honneur aux puissants est un exercice qui peut être partagé par des millions de téléspectateurs.
L'affaire aura surtout révélé un Hollande à la recherche de la bonne altitude présidentielle. Quand parler ? Et pour dire quoi ? Un an et demi après son entrée en fonction, le chef de l'Etat cherche encore. Il voulait parler. Il pensait que son compromis de guingois avait des vertus républicaines. Rien n'a fonctionné. Depuis, il a beaucoup consulté, écouté. «Dans un exercice d'introspection inédit pour lui», confie




