Jusqu’à présent, François Hollande s’est présenté en président masqué : plus président qu’on ne le croit, plus président qu’on ne le voit mais bien moins président affiché qu’il ne le doit. Il a voulu, à tort, inventer une présidence de l’ombre, chef de l’Etat sur la scène internationale, souverain semi-clandestin sur la scène française. S’il s’agit du Mali ou de la Syrie, de la République centrafricaine ou de l’Iran, il décide, il agit, il s’affirme et il compte. Sous la présidence Hollande, la France s’est distinguée en étant le pays européen le plus entreprenant et le plus influent, le plus courageux aussi, devant l’Allemagne, devant la Grande-Bretagne. Par un étrange dédoublement de personnalité politique, l’Elysée s’est au contraire tacitement retiré et volontairement effacé du terrain politique national. On en devine ou on en pressent les raisons : François Hollande a d’abord choisi de prendre le contre-pied de Nicolas Sarkozy. Puisque celui-ci est un énergique qui s’affiche, il sera un énergique qui se dissimule. Plus substantiellement, le président socialiste ayant opté dans un premier temps avec une intrépidité quasi-clandestine pour une politique d’efforts et de sacrifices, espérant pouvoir dans une seconde phase redistribuer les fruits d’une croissance revenue, il a considéré que moins il en dirait, mieux il se porterait. En fait, c’est bien entendu l’inverse qui s’est produit : moins il en a dit, plus mal il s’est porté. Même s’il ne suscite pas de rejet personne
François Hollande, le président masqué
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Publié le 01/01/2014 à 17h06
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