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Euro : Philippot met la zone

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Publié le 02/01/2014 à 19h56
«Monsieur Pissarides, prix Nobel d’économie 2010, vient de changer d’avis : il était pour l’euro, il vient de nous expliquer qu’il fallait surtout s’en débarrasser.»

Florian Philippot, vice-président du Front national, le 30 décembre sur BFMTV

INTOX. Abandonner l'euro pour sauver la France. Depuis la présidentielle de 2012, le Front national a trouvé un marqueur clair pour sa politique économique. Il est le principal parti français à réclamer une sortie de la zone euro et un retour à une monnaie nationale, seul moyen à ses yeux de retrouver le chemin de la croissance et de l'emploi. Pour appuyer ce propos, tous les arguments et tous les soutiens sont bons. Surtout ceux d'économistes ayant reçu le prix Nobel… «L'euro fort, c'est une folie, dénonçait encore lundi Florian Philippot, le numéro 2 du FN sur BFMTV. Monsieur Pissarides, prix Nobel d'économie 2010, vient de changer d'avis : il était pour l'euro, il vient de nous expliquer qu'il fallait surtout s'en débarrasser, parce que ça allait créer une génération sacrifiée, encore plus de chômage et de désindustrialisation.»

DESINTOX. De l'art de ne retenir que ce qui nous arrange. En utilisant la récente prise de position de Christopher Pissarides comme un argument d'autorité censé légitimer la revendication du FN de sortir de l'euro, Florian Philippot ne fait pas un gros raccourci, mais carrément un contresens. Car ce que pensent sur ce sujet le parti de Marine Le Pen et le Prix Nobel d'économie 2010 n'a strictement rien à voir.

Il faut dire que la tentation devait être forte. L'économiste britannique était, au moment de l'i

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