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Delanoë, parce qu’il le vœu bien

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Le maire socialiste de Paris a entamé mardi sa tournée d’adieu. Dans l’émotion.

La première adjointe à la mairie de Paris Anne Hidalgo et l'actuel maire Bertrand Delanoë le 6 mai 2012 à la Bastille. (Photo Charles Platiau. Reuters)
Publié le 07/01/2014 à 21h16

C'est une chose d'annoncer depuis cinq ans qu'on s'en va pour ne plus revenir. Et une autre de prononcer devant une foule, dans un silence si pur qu'on entend le parquet craquer : «C'est la dernière fois.» Mardi matin, Bertrand Delanoë a l'œil plissé, les lèvres minces comme un fil et le menton qui tremble. Ces vœux aux élus et aux personnels de l'Hôtel de Ville, rituel qui avait fini par le lasser depuis treize ans, sont le prélude de ses adieux à Paris. La première de nombreuses dernières fois, d'ici fin mars.

Le décor dégoulinant d'ors, de miroirs et de cristaux de la salle des Fêtes, réplique républicaine de la galerie des glaces de Versailles, se prête aux grands mots qu'il affectionne, «honneur», «mission», «devoir» et aux promesses : «Je ne serai plus maire mais je resterai présent.» Il déclame un discours d'une vingtaine de minutes sans notes, sa forme d'élégance. Coquetterie plutôt, s'amuse un proche, qui raconte d'interminables séances de travail et des interventions calées au mot près. Delanoë, en acteur accompli, le visage bruni par le soleil et aussi svelte qu'en 2001, tourne avec brio la page de ses «plus belles années». Entouré de ses adjoints, pour beaucoup marqués, eux, par le poids des ans, il se déclare habité d'un sentiment nouveau : «L'harmonie.»

Désuet. Ceux qui ont essuyé ses exigences, ses colères, ses obsessions parfois maniaques, et les habitués de son

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