Avec sa conférence de presse de mardi prochain, François Hollande entre dans le vif et va expliciter l’orientation de la troisième phase de son quinquennat : six mois de déconstruction méthodique du sarkozysme, parfois mal inspirée (suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires, politique désastreuse du logement) ; un an de lentes conversions à une politique de l’offre et de la compétitivité ; et maintenant la concrétisation et l’accélération du social-libéralisme. Les ministres nient avec un bel ensemble, qui n’a évidemment rien de spontané, qu’il y ait là un profond tournant. Le déni ne constitue pas une démonstration. Il suffit de comparer le fameux discours du Bourget prononcé par le candidat François Hollande avec les vœux présidentiels du 31 décembre 2013 pour s’en convaincre. Le morceau de bravoure lyrique et messianique du prétendant ne cousine que de fort loin avec les choix enfin clairement assumés du Président.
François Hollande dira donc le 14 janvier à quel rythme, avec quelle ampleur, quelle énergie, quelle clarté il veut conduire son changement. Au-delà de la construction d'un social-libéralisme à la française, sans doute moins décomplexé qu'il le fut outre-Rhin avec Gerhard Schröder, a fortiori outre-Manche avec Tony Blair, on mesurera aussi avec attention les métamorphoses du personnage présidentiel. Rien n'est plus difficile que d'endosser définitivement les habits de président. François Mitterrand y était parvenu sur le champ parce qu'il s'y




