Les Français élisent un chef de l’Etat. Un homme jusqu’à aujourd’hui, une femme, espérons-le, demain. Et qu’importe sa situation matrimoniale, la compagne ou le compagnon, l’épouse ou le mari n’a aucun statut juridique, aucune réalité politique. Tranchant avec le mélange des genres de son prédécesseur, François Hollande avait raison d’affirmer lors de la dernière campagne que, dans notre démocratie, le pouvoir est confié à un président et pas à sa famille. C’est pourtant une affaire de couple qui vient percuter son agenda faisant exploser la frontière qu’il croyait établie entre l’espace public et sa vie privée.
Mais si la responsabilité de cette violation de l’intimité incombe à une certaine presse, François Hollande et Valérie Trierweiler avaient depuis longtemps rendu floue cette frontière. En prenant publiquement position contre Ségolène Royal lors de l’élection législative à La Rochelle ou en s’exprimant sur la situation de Léonarda, la jeune Rom expulsée par Manuel Valls, Valérie Trierweiler s’était au fil des mois attribué, outre son bureau à l’Elysée, un rôle public allant jusqu’à interférer sur celui du chef de l’Etat. Ce sont ces intrusions de la «première dame» dans le débat politique qui altèrent aujourd’hui la thèse de la séparation des deux corps du Président, avancée par l’Elysée. S’il appartient à François Hollande de clore au plus vite cet épisode, la classe politique n’échappera pas au débat sur le statut du conjoint du Président. Mais au-delà d’une improbab




