De quoi suis-je le nom ? François Hollande n'a jamais goûté à la psychanalyse. Pourtant, hier, il a retenu cette affirmation lacanienne : «Ce qui n'est pas nommé n'existe pas.» Cela faisait des mois que ses proches, conseillers comme ministres, l'incitaient à mettre des mots sur sa politique. «C'était absurde de faire des réformes sans les assumer, sans parler de social-démocratie», pestait encore une ministre à la veille du grand oral présidentiel. Cette fois, le chef de l'Etat a passé près de trois heures à définir ce que pouvait être cette étrangeté que le «hollandisme». Hier, comme libéré, le Président a osé faire son coming-out social-démocrate. En mai, à la précédente conférence de presse, il avait refusé l'obstacle préférant se définir comme «socialiste». Pas cette fois. Puisqu'il fallait écraser l'actualité de ces derniers jours sur sa vie privée, Hollande a non seulement multiplié les annonces mais ne s'est jamais départi d'un ton grave, réprimant son goût pour les bons mots.
«Qui suis-je ?». Après avoir évacué dès la première réponse l'affaire Closer en une minute - «les affaires privées se traitent en privé» (lire ci-contre) -, François Hollande s'est lancé dans une clarification idéologique, assumant sa filiation social-démocrate. Mais le patient Hollande a encore des résistances. «Vous cherchez à appeler par des formules ce qu'est une réalité. La réalité, c'es




