François Hollande jette enfin le masque. Le mardi 14 janvier 2014 restera comme la date clé de son quinquennat, le jour du grand tournant. Le Président s’affiche pour la première fois, clairement, dans l’exercice de ses fonctions, en social-démocrate assumé. Il revendique une politique de l’offre, il abaisse donc les charges des entreprises, il annonce une forte réduction des dépenses publiques, il assure qu’il n’y aura pas de transferts de cotisations au détriment des ménages. Il proclame même qu’il faut reconstituer les marges bénéficiaires des entreprises pour leur permettre d’investir, donc à terme de créer des emplois. Il admet que ce sont les PME, les petites entreprises, les artisans et les travailleurs indépendants qui peuvent combattre le mieux le chômage. Il lance dès ce mois-ci son «pacte de responsabilité» et assure que le calendrier sera prompt et serré. Il reconnaît que c’est ainsi un nouveau compromis social qui s’esquisse.
C’est la logique même de ce qu’avait réussi Gerhard Schröder (à qui cela a coûté sa majorité). François Hollande ne va pas jusqu’au social-libéralisme flamboyant, voire provocateur de Tony Blair. Il vient néanmoins d’accomplir en somme, en public, son Bad Godesberg présidentiel dans la salle des fêtes désuète du palais de l’Elysée, sous le regard éberlué des caméras.
Bien entendu, même en dénouant les lacets de son masque, il continue à euphémiser. Il se découvre, il ne se renie pas. Il préfère donc parler d’accélération de ses choix plutôt q




