Si le moral des troupes socialistes n'était pas aussi bas, cela pourrait n'être qu'un bon mot parmi d'autres. «Je vais lancer un nouveau courant : "la gauche morte"», s'esclaffait hier un jeune député, plutôt connu jusqu'alors pour sa fidélité à la ligne gouvernementale. Mais désespéré par le report sine die de la loi sur la famille, comme une grande partie de la majorité qui ne s'explique toujours pas ce recul.
Devant qui et de quoi la gauche a-t-elle peur ? «Dans cette période de crise, la gauche est devenue un peu bancale, il y a une perte de repères», concédait la semaine dernière Stéphane Le Foll avant même le retrait du projet de loi préparé par la ministre Dominique Bertinotti. «Sur les sujets de société, face aux interrogations des couches populaires, nous n'avons pas forcément les mots qui vont avec», ajoutait le ministre de l'Agriculture. Un déboussolement qui se conjugue avec une extrême prudence présidentielle, après la mobilisation des opposants au mariage pour tous en 2013. En Conseil des ministres ou en petit comité, François Hollande ne cesse de plaider pour une «société apaisée». Mais entre les lycéens qui se sont éveillés aux défilés de rue à l'occasion de l'affaire Léonarda, la révolte des «bonnets rouges» cet automne et le come-back de la Manif pour tous en ce début d'année, force est de constater qu'on en est (encore) bien loin. «Ce que Hollande redoute le plus, c'est une coagulation des jacqueries, une agrégation d




