Que suscite chez vous la votation suisse «contre l’immigration de masse» ?
De l’inquiétude. La nouvelle nous est tombée dessus comme un coup de tonnerre. Entre un quart et un tiers de la population active de la commune travaille en Suisse. Et avec les accords de libre circulation entre nos deux pays, nous avons vu arriver de nouvelles populations. Si cette mesure était appliquée, on pourrait voir grimper le taux de chômage.
Quel type de relations entretenez-vous avec vos voisins suisses ?
Je suis une militante des relations transfrontalières depuis des années. Avec nos voisins suisses, nous avons créé une agglomération urbaine transfrontalière, la première de tout le massif du Jura en nombre d’habitants. Nous nous apprêtons également à créer un parc naturel transfrontalier. Car nous considérons que le sens de l’histoire va vers les collaborations entre territoires, entre élus. Avec ce vote, qui est un vote de repli et de défiance à l’égard d’une main-d’œuvre étrangère qui participe à la prospérité de l’industrie suisse, cette logique de collaboration transfrontalière s’interrompt. Ce vote s’affiche comme étant motivé par les intérêts de l’économie suisse. Or, je ne vois pas comment cette économie peut se passer de la main-d’œuvre frontalière française qui est très qualifiée, très appréciée.
D’autres pays démocratiques ne définissent-ils pas des quotas d’immigration ?
Oui, ça n'est pas en soi choquant. Mais les Suisses ont voté contre une «immigration de masse», sans distinguer les différents types d'immigration. Ils ont fait un amalgame entre l'immigration irrégulière contre laquelle il faut lutter, et l'immigration de proximité et de travail des pendulaires. Aujourd'hui, l




