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tribune

Quel pacte républicain ?

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ParBéligh Nabli
Maître de conférences à Sciences-Po Paris
Publié le 20/02/2014 à 19h36

D’une polémique l’autre. Tel est le lot d’une société sous tension, en quête de sens et incertaine de ses valeurs communes. Un mot devrait être au cœur de cette recherche existentielle : république. Un «mot sacré» empreint d’un dogmatisme si puissant qu’il échappe à toute réflexion critique de la part de ceux qui l’emploient allègrement comme label ou argument d’autorité. De même que pour la laïcité, les appels incessants à la «république» par des forces politico-sociales antagonistes jettent le trouble. Car la république n’est pas un acquis figé et immuable, sa signification n’est pas univoque.

A la fois notion philosophique et système empirique, la «république» désigne tout à la fois l'Etat (souverain) et ses institutions, une forme de gouvernement (alternative à la monarchie et à l'empire) et un système de valeurs (de plus en plus assimilé à la démocratie). Cette définition est confortée par l'étymologie du mot (du latin res publica, «chose publique»), laquelle oppose la république à la «chose privée» et par extension à l'intérêt privé, à l'espace privé. Or cette construction binaire (public - privé) est mise en péril par divers modes d'expression où prévalent l'individualisme social et le pouvoir financier. La frontière entre les différentes sphères est brouillée et tend à se dissiper.

Notre Loi fondamentale (Constitution de 1958) qualifie la république d'«indivisible, laïque, démocratique et sociale». Autant de qualités aujourd'hui mises en cause par des

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