On peut déplorer Fukushima, mais on ne peut lui retirer au moins un effet : la floraison de promesses. L’accident de 2011 a forcé le candidat Hollande à concéder deux choses aux écologistes : la fermeture de la centrale de Fessenheim et la diminution de la part du nucléaire dans la production électrique du pays, de 75% aujourd’hui à 50% en 2025. Or, Hollande peine à matérialiser sa première promesse, intention louable de fermer les deux vieux réacteurs alsaciens - que l’allemand EnBW et un consortium suisse ont contribué à financer aux côtés d’EDF. Mis en service en 1977, ils affichent une vétusté dont personne ne nie le danger. Il y a un hic : ni le gouvernement ni le Parlement n’ont la main. Seuls l’Autorité de sûreté du nucléaire (ASN) et/ou l’exploitant EDF peuvent décider sa fermeture. Or, lors des dernières visites décennales, l’ASN a jugé que les réacteurs étaient aptes à produire dix années supplémentaires, sous réserve de travaux pharaoniques. Côté politique, Fessenheim, assure-t-on, doit fermer en 2016. L’EPR de 1 600 MW en cours de construction à Flamanville (Manche) est censé remplacer les vieux réacteurs de 900 MW. Dont acte.
La seconde promesse, la plus importante, consiste à ramener la part du nucléaire dans l'électricité à 50% en 2025. A première vue, passer de 75% à 50% est une réduction. Mais «le piège est dans le calcul, dit Thierry Salomon, du groupe des experts de la transition énergétique. On parle de valeurs relatives et non absolues.»




