Dans le cadre des municipales, Libé s’est installé à Joigny, petite commune de 10 400 habitants, située dans l’Yonne. Pourquoi Joigny ? Parce que depuis des années, cette ville est victime de la crise et des réformes politiques successives décidées à Paris. Emblématique des villes ravagées par la RGPP, Joigny doit se reconstruire. Comment la campagne municipale adresse-t-elle ces enjeux ? Petite déambulation en sept épisodes dans cette jolie ville d’art et d’histoire.La douloureuse de la grande muette. Ce fut le coup de massue de cette mandature. Parmi les réformes de politiques publiques de l'ère Sarkozy, celle de la carte militaire a été dévastatrice pour Joigny. Ville de garnison, elle accueillait depuis 1949 le 28e groupe géographique des armées sur plus de 10 hectares, en plein milieu de la commune.
Les Joviniens n’étaient pas sûrs de bien comprendre ce que faisaient «leurs» militaires – des cartes principalement. Ce qu’ils savaient en revanche, c’est que ces derniers dopaient l’économie de la ville. A travers leur simple présence, les 400 familles injectaient 650 000 euros chaque mois. A l’épicerie, on fournissait de quoi organiser des soirées choucroute ou raclette abondamment arrosées. Tout le monde les aimait bien : pour preuve, la présence de 7 000 Joviniens, soit 70% de la population, lors d’une cérémonie célébrant les 60 ans de présence de la géographie militaire à Joigny. Feu d’artifice et pot de l’amitié en prime.
Quelques mois plus tard, le 1er août 2010, le 28e groupe géographique est transféré dans le Haut-Rhin. Le 11 février 2011, la commune signe un contrat de redynamisation de site de défense. D'un montant total de 17 millions d'euros, il est abondé par l'Etat à hauteur de 4,5 millions d'euros. Seulement, il existe une condition : la ville dispose de trois ans pour engager et terminer les travaux. C'est donc «la baïonnette dans les reins», d'après un élu, que la municipalité amo




