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Municipales : à qui profite le Front ?

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Plus présent qu’en 2008, le FN devrait s’inviter dans beaucoup de triangulaires le 30 mars. Et mettre la gauche et la droite face à leurs responsabilités.

Gilbert Collard, candidat à la mairie de Saint-Gilles (Gard). (Photo Pascal Guyot. AFP)
Publié le 04/03/2014 à 21h36

C'est une position délicieuse pour ceux qui prétendent bousculer le «système» : à la faveur des triangulaires, le Front national sera l'arbitre de ces municipales. Présent au premier tour dans près de 500 villes de plus de 10 000 habitants (contre à peine 120 en 2008), le parti de Marine Le Pen devrait être en mesure cette année de dépasser le seuil de 10% des suffrages exprimés dans plus de 200 d'entre elles. Et de provoquer autant de seconds tours à trois… voire à quatre listes. «Un caillou dans la chaussure» de l'UMP et du PS, savoure la présidente du FN. Lors des municipales de 2008, son parti n'y était parvenu que dans une trentaine de cas. Le maintien de ces candidats trouble-fête colle à la stratégie mariniste de maillage territorial. Après le 30 mars, le FN compte en effet sur l'élection d'un millier de conseillers municipaux pour s'enraciner.

Un FN en embuscade

En 1995, le Front national avait conquis Toulon, Orange et Marignane en arrivant premier devant une droite et des socialistes qui avaient refusé de s'allier ou de se désister en faveur de l'autre. Fin mars, Marine Le Pen espère rééditer ce scénario : faire tomber, à la faveur de ce mauvais jeu à trois, quelques villes du sud de la France (Fréjus, Carpentras, Brignoles, Tarascon, Saint-Gilles…) ou de l'Est (Forbach). «Tout dépend de la configuration à la sortie des urnes, souligne Nicolas Bay, directeur de la campagne municipale du FN. L'ordre d'arrivée sur le podium va détermi

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