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Les trois ombres du président Sarkozy

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Entre 2007 et 2012, l’ancien chef de l’Etat s’est appuyé sur le trio Buisson-Goudard-Giacometti, alimentant une guéguerre.

Nicolas Sarkozy, le 19 janvier 2012 à Lyon. (Photo Eric Feferberg. AFP)
Publié le 05/03/2014 à 21h46

Pendant la campagne présidentielle, chaque soir à 19 heures, Sarkozy convoquait un improbable trio à l’Elysée : le publicitaire Jean-Michel Goudard, l’idéologue Patrick Buisson et le spécialiste des sondages Pierre Giacometti. Improbable car tout les opposait : leur parcours, leur idéologie et leur psychologie. C’était justement ce qu’aimait Nicolas Sarkozy. Avec ces trois-là, auxquels il fallait ajouter la plume (Henri Guaino), le porte-parole (Franck Louvrier) et le secrétaire général (Xavier Musca, qui avait remplacé Claude Guéant), Sarkozy avait à sa disposition tout l’arc-en-ciel de la droite. Il pouvait tremper son pinceau à volonté, jouer l’un puis l’autre, ou l’un avec l’autre, et faire ses propres couleurs comme il l’entendait. C’était son privilège de président.

Avant de retrouver le chef de l’Etat dans le salon vert, cette longue pièce qui jouxte le bureau présidentiel, Buisson et Giacometti avaient toujours rendez-vous avec Goudard. Si aucun de ces conseillers «clandestins» n’apparaissaient dans l’organigramme officiel de l’Elysée, Goudard était le seul à disposer d’un petit bureau au Château. Cet intime de Sarkozy, qui entretient avec lui une vraie relation d’amitié depuis longtemps, avait cette particularité de travailler bénévolement. A 72 ans, le «G» de l’agence de publicité Euro RSCG, à l’abri du besoin pour la fin de ses jours, tenait d’abord à sa liberté de mouvement et de pensée. Ce n’est pas le cas de ses deux acolytes : via leur société de conseil respec

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