Depuis avril 2013, les juges enquêtent sur des soupçons de financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, en 2007, par la Libye de Kadhafi. Et c'est en enquêtant sur ce dossier que les deux magistrats saisis de l'affaire, Serge Tournaire et René Grouman, ont débusqué l'histoire de trafic d'influence impliquant Sarkozy, son avocat et Gilbert Azibert. Dans l'affaire libyenne, l'information judiciaire contre X est ouverte pour «corruption active et passive», «trafic d'influence», «faux et usage de faux», «abus de biens sociaux» et «blanchiment, complicité et recel de ces délits».Les deux juges ont donc pris la décision de mettre Nicolas Sarkozy sur écoute. Ils ont aussi décidé de suivre les conversations de deux de ses anciens ministres, mais surtout des proches de l'ex-président très actifs lors de sa campagne de 2007, Brice Hortefeux et Claude Guéant, soupçonnés d'être mouillés dans cette affaire de financement occulte.
Amazone. Pour le moment, peu d'informations ont filtré sur leur travail. Une seule audition est connue : celle, début janvier, de Zohra Mansour. Les juges ont entendu cette ex-responsable des «amazones» (les gardes du corps de Kadhafi) pour l'interroger sur sa connaissance des liens financiers qui unissaient le colonel et des dirigeants politiques européens. Dans un livre (1), Mansour avait rapporté une conversation qu'elle avait eue avec Kadhafi, dans laquelle ce dernier lui avait confié av




