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Comment Taubira a planté son camp

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Du JT problématique de lundi au rétropédalage d’hier, la ministre, qui a d’abord expliqué ne rien savoir des écoutes, a réussi à remettre l’exécutif sur le gril. Consternation au PS.

Christiane Taubira, à l'Elysée après le Conseil des ministres, le 12 mars. (Photo Albert Facelly)
Publié le 12/03/2014 à 21h46

Ils auraient tellement aimé pouvoir la défendre, elle qui incarne la fierté de la gauche. Mais ils étaient peu nombreux hier dans les rangs de la majorité pour monter au créneau en faveur de la ministre de la Justice, Christiane Taubira, dont les maladresses ont offert un cadeau inestimable à Nicolas Sarkozy et à toute la droite. Empêtrés dans les affaires, mais s'arrogeant le beau rôle pour appeler à sa démission pour cause de «mensonge d'Etat». «En fait, on a le choix entre être extrêmement bêtes ou extrêmement incompétents, c'est pathétique», jugeait au petit matin un conseiller ministériel. «Transformer l'or en plomb, c'est un métier», se désole en écho un ténor du groupe PS à l'Assemblée à l'heure du déjeuner, juste après le happening de la garde des Sceaux lors du compte rendu du Conseil des ministres.

«Ventilateur». Devant le gouvernement, François Hollande n'a pas cité une seule fois son nom. L'heure n'est pas celle de l'opération «Sauvons la soldate Taubira», mais plutôt celle d'un soutien a minima et d'un rappel des principes constitutionnels. «Je serai toujours le garant de l'indépendance de la justice», a insisté le Président. Qui a aussi conseillé à ses ministres de ne pas «être tout le temps dans le champ du ventilateur». Autrement dit : prendre de la hauteur et peser leurs mots pour ne pas bêtement inverser le fardeau de la preuve. Comme si l'affaire Cahuzac n'avait pas servi de

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