Patrick Buisson n'est pas seulement un triste sire, il sert aussi de très symbolique révélateur. Il vient de démontrer que, même au cœur du palais de l'Elysée, aucun secret n'est plus garanti. On dira que Nicolas Sarkozy n'avait pas à s'entourer des conseils d'un homme aussi sulfureux. Là n'est pas l'essentiel. Ce qui ressort avant tout de l'affaire Buisson, c'est qu'au XXIe siècle, le pouvoir n'est plus jamais assuré du secret. Depuis que le pouvoir existe, il a besoin de secret. Aujourd'hui, le secret devient une chimère et le pouvoir vacille.
Que le secret soit constitutif du pouvoir, qu’il en représente une composante nécessaire, c’est l’évidence depuis l’éternité. Cela va de soi en matière de terrorisme, de défense nationale, ou à propos des otages. Ce l’est aussi dans bien d’autres domaines, secteurs économiques, financiers, industriels. S’il s’agit de préparer un choix de l’Etat nationalisé, privatisé, regroupé, dissocié - il faut bien une phase d’instruction des dossiers dans le plus grand secret, faute de quoi les conséquences peuvent devenir très négatives (affaire Pechiney jadis, ventes ratées de réacteurs nucléaires ou d’avions de combat aujourd’hui).
Au-delà des nécessités quasiment techniques, il y a aussi l’image même du détenteur du pouvoir. Elle ne peut se passer d’une part de mystère et d’une distance protégée. C’est ce que le général de Gaulle avait compris mieux que personne. On connaît la formule : «Chez de Gaulle, il n’y a pas de Charles». C’es




