En 1972, Georges Pompidou, le président «tout voiture», envoyait les CRS contre une manifestation de Parisiens qui réclamaient des pistes cyclables. Parmi eux, René Dumont, pionnier de l'écologie politique.
Quarante-deux ans plus tard, tous les candidats à la mairie de Paris roulent pour l’écologie, rivalisant de projets verts, aériens, où les seuls véhicules à moteur - tramways, voitures ou scooters - sont électriques. Pour faire rêver et se faire élire, on promet de verdir les artères de fer ou de bitume, de piétonniser les Halles ou l’avenue Foch, de créer des lieux de grâce, boîtes de nuit ou piscines, dans les stations de métro désaffectées, de purifier la Seine…
Comme Chirac dans les années 90, la socialiste Anne Hidalgo assure qu'elle rendra le fleuve aux baigneurs. Comme tous ses prédécesseurs depuis que la SNCF a déserté la petite ceinture ferroviaire, Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP) annonce une coulée verte encerclant tout Paris. Christophe Najdovski (EE-LV), qui assure que tous les projets écolo réalisés à Paris depuis 2001 «sont dus aux Verts», garde une longueur d'avance avec son «Central Park» le long de la Seine. Ces projets, vendus à l'horizon 2020 ou 2030, deviennent presque réels grâce aux images de synthèse, souvent peuplées de jeunes gens minces et beaux. L'électeur se projette dans la ville idéale proposée par les candidats comme il achèterait un appartement sur plan.
Seuls le Parti de gauche et le Front national n'ont pas cédé à la campa




