AQuimper, la politique a le goût de ces fables que l'on raconte aux enfants avant de se coucher. Avec un maire socialiste (Bernard Poignant) qui officie comme conseiller du président de la République, un milliardaire breton (Vincent Bolloré) qui fait des miracles et un candidat UMP (Ludovic Jolivet — et non Pierre comme indiqué précédemment par erreur) qui revendique pour seul bagage son CAP d'électricien. Ici en Cornouaille, au bout du monde, de «l'autre côté de la porte de Dieu», pour reprendre l'expression d'une habitante, on est habitué à vivre avec les esprits malins. Il y a une semaine, Poignant a donc reçu un coup de fil de son ami Bolloré, natif d'Ergué-Gabéric, une petite commune proche de Quimper, berceau historique du groupe familial : «Bernard, je vais te donner un coup de main.»
«Pain bénit». Ce samedi matin, le coup de main s'est transformé en coup de baguette magique : un projet d'usine flambant neuve pour la fabrication de batteries pour des tramways électriques : 10 millions d'euros d'investissement et au moins 100 emplois créés dès 2014. La nouvelle a fait la une de la presse locale. «Du pain bénit», sourit Anne Gouerou, la numéro 2 de la liste Europe Ecologie-les Verts, qui, quoi qu'il arrive, fusionnera avec la liste de Poignant au second tour. N'importe quel édile se serait prosterné pour annoncer une telle nouvelle, à une semaine du premier tour. Pas Poignant. Le maire de Quimper, qui vise




