Menu
Libération
EDITORIAL

Défiance

Réservé aux abonnés

Publié le 24/03/2014 à 11h46

Elle avait beau être prévisible, la sanction est sévère. Plus qu’un revers électoral, c’est une défiance profonde à l’égard de la gauche et du gouvernement qui s’est traduite hier dans les urnes. Au soir du second tour des municipales, François Hollande devra tirer des conséquences d’un vote qui s’adresse clairement à lui. Mais ces résultats sont aussi la défaite de la politique. Celle du discrédit de la parole publique, des promesses non tenues et des comportements personnels douteux. Une part croissante de l’électorat a désormais la conviction que les politiques mises en œuvre sont inefficaces à combattre la crise, que les engagements électoraux, de droite comme de gauche, sont chaque fois destinés à être oubliés. Les affaires entretiennent enfin de forts soupçons sur l’intégrité des élus. Les chiffres historiques du Front national et la hausse de l’abstention ne sont finalement que les symptômes d’une démocratie malade. Les hommes et des femmes politiques - quelle que soit leur appartenance - doivent prendre aujourd’hui la mesure de cette réalité.

La gauche, devant une défaite d’une ampleur inattendue, va devoir s’interroger sur le rejet dont elle fait l’objet en même temps que la désaffection grandissante de son électorat populaire. Quant à la droite, elle aurait tort de se féliciter de succès en trompe-l’œil. Entre les deux tours, chaque parti républicain va se retrouver face à ses responsabilités. A l’UMP comme au PS, le moment est peut-être venu de redonner un peu de c

Dans la même rubrique