Le Président a tranché comme un chef. En nommant Manuel Valls à Matignon, dès le lendemain de la déroute socialiste aux municipales, François Hollande fait un choix clair. Outre la confirmation du virage libéral engagé avec le pacte de responsabilité, il se donne un Premier ministre politiquement en phase avec ce pacte qu’il faudra défendre lors de deux échéances capitales : devant la Commission européenne, puis au Parlement fin avril lors d’un vote de confiance. Il parie aussi sur la restauration de l’autorité au sein d’un gouvernement agité par deux années de bisbilles et de couacs ministériels. Dans la stratégie présidentielle, Valls incarne, au fond, la cohérence et le professionnalisme qui ont manqué jusque-là. Sauf que le choix présidentiel a un revers sérieux. Il court le risque de fissurer une majorité déjà vacillante et de braquer un peu plus l’aile gauche du Parti socialiste. En nommant Manuel Valls à Matignon - et malgré la popularité de celui-ci -, il prend surtout à contre-pied un électorat qui lors des deux derniers dimanches a demandé plus de justice sociale que de libéralisme. Le nouveau Premier ministre va donc devoir convaincre. Convaincre les écologistes, les syndicats et une partie du PS qu’il est capable de mener une politique de gauche tout en intégrant les exigences patronales et européennes. Devant une telle équation, les premières décisions de Manuel Valls, à commencer par la composition de son gouvernement, donneront le ton de la deuxième partie du
EDITORIAL
Revers
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ParEric Decouty
Publié le 31/03/2014 à 22h36
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