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Contre toute attente, Taubira garde les Sceaux

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Reconduite, la ministre devrait enfin pouvoir réformer un monde judiciaire qui en deux ans a peu évolué.

Christiane Taubira à l'Elysée le 3 janvier. (Photo Lionel Bonaventure. AFP)
Publié le 02/04/2014 à 18h36

Arrêtez les rotos ! C’est la grande surprise du jour : le non-remaniement du ministère de la Justice. Sans doute était-il trop délicat de se passer de la grande oratrice qui a porté le mariage pour tous. Un grand moment de fierté de la gauche - le seul, jusqu’à présent, de la présidence Hollande. Peut-être fallait-il aussi contrebalancer l’image sécuritaire du nouveau Premier ministre.

«Ces derniers jours, on a pas mal été occupé à faire nos cartons», reconnaît un membre du cabinet. Une transparence - un document qui contient les projets de nomination des magistrats du parquet - était sortie hier matin, annonçant le départ de quatre conseillers de Christiane Taubira. Et les catholiques de la Manif pour tous ont dû remplacer le «pot de départ», prévu à 19 heures hier, par un de leurs rassemblements «sentinelles».

Apaisement. Ce faux départ va permettre à la garde des Sceaux de redresser son image auprès du monde de la justice. Car, si la gauche judiciaire est soulagée que la ministre reste à son poste, pour la majorité des magistrats, greffiers ou avocats, ces deux dernières années ont été celles d'un rendez-vous manqué. Cet avocat bien placé dans les institutions dressait, il y a peu, le portrait d'une ministre sortante : «Elle restera dans l'histoire de la République concernant les grandes valeurs. Elle est le grand orateur de notre génération. En revanche, pour son action au ministère, elle aura préféré le

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