Hayange est aux mains du FN depuis dimanche. La gueule de bois ? Pas vraiment. «Pas inquiet», cet ancien sidérurgiste, sympathisant communiste, lance : «On verra.» Façades grises et volets clos. En toile de fond, les hauts-fourneaux, bel et bien refroidis. Casquette et survêt, un passant se réjouit de l'élection du frontiste Fabien Engelmann. Ils ont grandi dans le même quartier, le Konacker. Employé jusqu'à il y a peu dans «un foyer pour les Bosniaques, Kosovars, Afghans», il a démissionné, agacé de «se faire traiter de raciste à la moindre réflexion». Et d'expliquer qu'en Lorraine, il y a «immigrés et immigrés» : les anciens, «venus travailler», et les nouveaux, «venus profiter». «Aujourd'hui, je suis au chômage, c'est à mon tour de profiter !» Lunettes sur le crâne, Alain, un quinqua UMP, reproche au socialiste sortant d'avoir «végété» et attend «un bon coup de ménage», parce qu'il voit «une drôle de faune proliférer» : les «clodos et des Roms qui font la manche mais jouent au loto et au PMU».
Engelmann a promis de faire du «cas par cas» pour la distribution de bons alimentaires et autres prestations du centre communal d'action sociale. A l'accueil de la mairie, l'hôtesse n'a «pas de crainte». Même si sa collègue s'est «fait agresser» : «Des gens nous ont dit qu'ils nous enverraient une gerbe et des brassards noirs.» Même




